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Le premier client

Voilà longtemps que je dois publier cet article de blog. Pas question de procrastiner, ni de faire partie de “ceux qui ont un blog, mais qui y postent deux articles en totalité”. D’habitude, je tente d’être concise, mais le sujet que je vais traiter est un partage ! Mon “premier client” mérite tout de même votre attention !

La rencontre

Fortuite. En souhaitant imprimer un livre pour ma grand-mère. Le contact s’établit. De mon point de vue, on parle de “feeling”. Je viens récupérer le livre, je m’éternise autour des documents présents dans l’imprimerie, tous ces livres qui trônent, ce papier qui fait leur savoir-faire. C’est “drôle”, je me suis toujours interrogée sur ce métier, parlons simplement, je l’ai toujours “aimé”. Pourquoi ? Une petite voix me chuchote “ta curiosité, évidemment !” Au détour de la conversation, je tends ma carte de visite en annonçant “je vais lancer mon activité”. La sensation est étrange. Un mélange de liberté et de fierté croise de la compréhension, de l’encouragement. À ce moment-là, mon objectif est de “me faire connaître”. Finalement, quelle que soit la situation, la personne qui se trouve face à moi, c’est le cas. Onze heures treize et moi ne formons plus qu’une entité.

Les prémices

Un jour de mars, un membre de l’équipe me demande conseil. C’est génial de se sentir utile, de faire valoir ses compétences. Un petit feu d’artifice explose dans mon intérieur. Le conseil donné engendre un devis. Ce dernier signé, je débute mon activité.

Ils sont quatre associés, animés par la passion de l’imprimerie. Ils ne me le disent pas, mais je le ressens, peut-être comme celle qui chatouille mes petits doigts lorsque j’écris ou que je manie mes outils de graphisme. “Carte blanche” est le terme qu’ils mettent en avant pour définir le travail que je dois leur fournir. Dans mon esprit souffle un petit vent de liberté d’expression, mon expression.

Je leur propose des pistes de réflexions, échange sur leurs souhaits, leurs envies de communication, tente de m’imprégner de leurs histoire, métier, culture d’entreprise. Leur retour ? “Carte blanche” ! Bon d’accord, c’est parti ! Mes visites dans l’entreprise sont, à chaque fois, teintées de joie et de motivation. Il faut avouer que leur second métier s’appelle “sourire communicatif” !

Et aujourd’hui ?

“Tu es chez toi, tu viens quand tu veux !” est la plus jolie phrase prononcée à mon égard. Je travaille avec beaucoup de curiosité, une envie d’apprendre encore de leur métier et d’eux, mes idées se mettent en place et s’ajoutent les unes aux autres. Je me sens légitime dans mon travail, comprise dans ce que je crée et ils approuvent.

Le “must” dans tout ça ? Le coup de pouce et la confiance qu’ils m’ont offerts pour poursuivre ma quête. Et puis le deuxième client est arrivé, bientôt le troisième. L’oiseau que je suis commence à bâtir son nid. Le “merci” que je leur témoigne est “particulier”, entre reconnaissance et pudeur. “Particulier”, un peu comme tous les premiers pas. Car après tout, le premier client, c’est comme toutes les premières fois, il a une place à part, dans un coin de notre esprit.

Alors on saute ?

Il a fini par arriver ce jour de reprise qui n’en était pas un.
Je me lève normalement, les vacances sont terminées. Mais le travail quotidien en entreprise aussi. Je m’égare quelques instants, l’esprit empli d’interrogations aussi diverses les unes que les autres.

“Vagabonder dans mes pensées” n’était pas prévu dans mon emploi du temps. Je râle contre ce “moi” qui ne me ressemble pas.

J’ouvre mon ordinateur, à la recherche de cette motivation dont j’avais établi les contours. Le fond d’écran a des airs de vacances. Mince ! Je croise mon regard sur mon écran de portable posé à ma droite. Moi aussi j’ai des faux airs de vacances. Ni une, ni deux, je reprends mon attirail créateur de bonne mine, déterminée à affronter ce nouveau moi-même ! Enfin apprêtée, je me sens gonflée d’un élan neuf. Et mon inspiration reprend vie elle aussi !

Ma nouvelle activité ne naîtra pas sans ma volonté, ma motivation et mon travail. Et je sais que tout commence aujourd’hui, je n’ai pas de temps à perdre à “me poser” pour “savourer” ce nouveau temps libre.

Mes doigts s’arquent, parés à tâter du clavier, mes yeux se plissent, disposés à capter la moindre information qui me ferait démarrer et mon cerveau cherche, range dans ses tiroirs, retient, guette… Mon corps est enfin résolu à avancer. Et même si je n’ai plus mes collègues à quelques centimètres de moi et que le silence est désormais mon allié, en quelques minutes, tout a changé, je suis enfin parée au grand saut !